Détail des actualités

AFS, programme d'échanges interculturels - S. Savelief

Interview de Mme Savelief, chargée de communication pour AFS, programme d'échanges interculturels

Madame Savelief, merci d'accepter de répondre à nos questions !

 

Pour commencer, pourriez-vous présenter AFS en quelques lignes ?

AFS organise des programmes interculturels pour les jeunes depuis 60 ans afin de leur permettre de s'ouvrir sur le monde grâce aux échanges interculturels. La spécificité d'AFS est qu'elle est une organisation à but non lucratif, politiquement et religieusement neutre. AFS possède des bureaux dans tous les pays partenaires du programme, c’est-à-dire dans plus de cinquante pays!

Depuis 2008, AFS Suisse possède le label de qualité d'Intermundo, association faîtière pour la promotion des échanges de jeunes. Cela signifie qu'elle répond aux critères d'exigences de cette association, notamment d'être à but non-lucratif, de collaborer avec des familles d'accueil bénévoles et d'avoir une ligne d'urgence joignable 24h/24h.

Le siège suisse d'AFS se trouve à Zurich, mais toutes les démarches peuvent être faites en français. AFS Suisse, c'est une petite équipe de jeunes dynamiques.

 

Pensez-vous que ces programmes à l'étranger répondent à une demande ?

Les jeunes partent beaucoup plus maintenant que les générations précédentes. Surtout pour la tranche d'âge 15-18 ans. De plus en plus, les entreprises apprécient que les jeunes aient fait une expérience à l'étranger, car cela montre un haut degré d'autonomie, d’adaptation et de débrouillardise. C'est un plus pour un CV.

 

Les jeunes font-ils souvent appel à ce genre de programmes ?

Chaque année, environ 300 jeunes partent à l'étranger avec AFS Suisse, tous programmes confondus. Nombreux sont ceux qui partent pour une durée annuelle. En même temps, environ 200 jeunes étrangers par an viennent en Suisse.

 

Quels sont les apports pour les jeunes de se rendre à l'étranger, selon vous ? 

Les apports sont nombreux. Ils acquièrent avant tout autonomie et indépendance. Ils renforcent une langue qu'ils connaissent déjà ou en apprennent une nouvelle. En étant dans une école normale et non dans une école de langue, l'immersion est totale. Même si c'est difficile au début, on apprend à s'adapter dans un pays étranger et à entrer en contact au quotidien avec les gens. On découvre d'autres façons de vivre et de voir les choses. Chez AFS, on met l'accent avant tout sur l'expérience interculturelle et la découverte réciproque de cultures différentes. Une telle expérience fait, bien entendu, réfléchir les jeunes sur leur façon de voir le monde.

 

« Revenir changé ? »

Oui en quelque sorte... pendant leur expérience à l'étranger, les jeunes ont dû mobiliser leurs capacités d'adaptation, ils ont surmonté des épreuves, ils découvrent ainsi leurs propres ressources, ce qui les rassure dans leurs compétences et dans leur estime. Ils reviennent avec un certain esprit d'ouverture, des choses qui leur paraissaient évidentes dans leur quotidien ne le sont plus forcément, ils connaissent d'autres coutumes, d'autres modes de pensée et sont confrontés à d'autres réalités...

Partir pour fuir quelque chose ne devrait pas être la motivation première, car cela risque d'avoir des répercussions sur l'expérience d'échange. Partir pour une durée assez longue permet de réfléchir, de redéfinir ses buts dans la vie, ça peut aussi peut-être changer des choses dans la famille... mais il faut tout de même qu'il y ait une bonne base avant le départ. Lors d'un bénévolat par exemple, on travaille dans des conditions difficiles, ce n'est pas facile émotionnellement, il est donc important d'être préparé.

 

Quelles différences entre les programmes pour les 15-18 ans et ceux des jeunes adultes?

Ce n'est pas du tout la même optique, même si l'échange interculturel reste au centre de tous nos programmes. Les programmes des 15-18 ans sont plutôt de type échange scolaire. Ils fréquentent une école sur place; ils vivent dans une famille d'accueil et vont en cours avec les autres locaux. Ces programmes sont en général d'un semestre ou une année scolaire. Ils ont aussi la possibilité de faire des programmes courts durant l'été, de type échange linguistique, de 2 à 6 semaines.

Pour les jeunes adultes (18+), nous proposons deux types de programmes: bénévolat et programme d'études. Il s'agit pour le premier de s'engager dans un projet de bénévolat à l'étranger, généralement pour un semestre. Pour le deuxième, il s'agit d'un échange universitaire: le jeune suit des cours dans une université étrangère, il bénéficie d'une immersion dans la langue et dans le pays tout en recevant une formation académique.

 

Pour répondre aux inquiétudes fréquentes des parents, comment sont encadrés les mineurs pendant leurs séjours sur place ?

Pour AFS, il est important qu'il y ait un encadrement et une prise en charge de A à Z.

Avant de partir, nous recevons en entretien le jeune et sa famille. Parfois, on s’aperçoit que c'est la volonté des parents et non celle du jeune de participer au programme. Dans ce cas-là, nous décourageons la poursuite des démarches pour que le jeune n'ait pas une mauvaise expérience. Ce n'est pas la philosophie de AFS de « payer et envoyer ».

Les familles d'accueil sur place sont bénévoles, elles n'ont pas d’intérêt financier, leurs motivations sont tout à fait autres. Elles ont par exemple des enfants du même âge qui souhaitent partager, parfois leurs propres enfants partent, ou simplement elles ont envie de "connaître" une autre culture. Le choix des familles d'accueil est très important, on s'assure qu'elles comprennent et adhèrent à notre philosophie et que le jeune participe à toutes les activités de la famille. Nous sommes d'avis qu'accueillir un jeune ne doit pas être perçu comme une source de revenu. C'est pourquoi nos familles d'accueil sont bénévoles: elles sont ainsi très impliquées car cette expérience leur tient à cœur. En cas de problème, il y a de toute façon une personne de contact sur place. Un bénévole sur place a le rôle de « parrain/marraine » du jeune, il l'aide à prendre ses marques et est là pour le soutenir. S'il a un problème, le jeune doit tout de suite lui en parler, et si ce n'est pas possible de résoudre le problème au niveau local, le bureau AFS du pays d'accueil est contacté et examine la situation. Un changement de famille est proposé si la situation semble sans issue. Les jeunes doivent se sentir libres de contacter leur parrain/marraine sur place pour que AFS puisse agir rapidement. S'il y a une urgence, AFS est atteignable 24h/24 grâce à un numéro d'urgence.

De plus, plusieurs activités sont mises en place pour encadrer le jeune et s'assurer que son séjour s'effectue dans les meilleures conditions. Avant le départ, un « camps d'orientation » est organisé par les anciens qui sont partis, pour faire connaissance et les préparer au mieux pour cette aventure. A l'arrivée dans le pays d'accueil, un "camp de bienvenue" a lieu, où les jeunes rencontrent tous les autres participants en échange avec AFS. Pendant le séjour, il y a régulièrement des rencontres avec ces mêmes jeunes. Au retour en Suisse, un "camp de réorientation" permet aux jeunes de faire le bilan de leur expérience. On a tendance à l'oublier, mais le retour est aussi quelque chose qui se prépare, ce n'est pas une étape évidente, c'est important que les jeunes puissent partager leur ressenti.

 

Comment pourriez-vous rassurer les parents qui hésitent à laisser partir leur enfant ?

Les jeunes qui partent bénéficient d'un bon encadrement et d'un bon suivi. Les parents ont la garantie qu'ils ne sont pas seuls en cas de problème, ils peuvent toujours nous joindre. AFS a maintenant 60 ans d'expérience qui lui assurent une crédibilité et un système rôdé dans l'organisation de programmes interculturels. Les parents doivent aussi comprendre que c'est bien de laisser les jeunes prendre de la distance et se prendre en main...

 

Visez-vous une population de jeunes en particulier ?

Non, tous les jeunes sont bienvenus. Nous recevons plus de demandes de jeunes entre 15 et 18 ans que de jeunes adultes. Cela s'explique notamment par le fait qu'après 18 ans, les jeunes ont une idée plus claire de ce qu'ils ont envie de faire et utilisent leurs propres moyens pour les réaliser. Voyages sac-à-dos, tour du monde sont des exemples d'expériences qu'ils tentent en s'occupant eux-mêmes de l'organisation de leur voyage.

 

Plus concrètement ... Dans quels pays ?

Nous proposons une large palette de destinations à travers le monde. Les destinations anglophones telles que les États-Unis ou l'Australie sont très demandées. On n'y pense pas, mais le système scolaire philippin est aussi en anglais. N'hésitez pas à consulter notre site internet pour connaître la liste de tous les pays partenaires du programme et leurs spécificités. Le choix des destinations varie en fonction des délais et des places disponibles. Les destinations pour un travail de bénévolat dépendent du choix du domaine d'engagement: si les jeunes souhaitent s'engager pour une cause environnementale, sociale, éducative, etc.

 

Quelle durée sur place ?

Pour le programme scolaire et universitaire, la plupart des jeunes choisissent de partir pour un an, même si nous proposons également des programmes semestriels. Pour le programme de bénévolat, la durée la plus souvent choisie est celle d'un semestre: cela semble être la durée idéale pour pouvoir avoir le temps de s'adapter et de se rendre utile dans le projet.

 

Quels prix ?

Nos prix varient selon la destination et le type de programme, mais ils sont sans surprises et clairement indiqués. Il y a peu de différences de prix entre l'année et le semestre car cela demande les mêmes efforts d'organisation. Des possibilités de bourses sont possibles en fonction du revenu de la famille, pour les jeunes issus de l'immigration ainsi que pour les jeunes qui sont engagés dans une activité bénévole en Suisse (par exemple le scoutisme). Pour le programme de bénévolat, des bourses couvrant 90% des frais sont possibles pour les jeunes titulaires d'un diplôme d'apprentissage et engagés dans une activité bénévole en Suisse.

Exemples de prix:

pour le programme scolaire:

USA : 14'800 pour l'année

Bolivie : 9'900 pour l'année

Allemagne : 9'500 pour l'année

pour le bénévolat: Afrique du Sud : 5'800 pour le semestre

pour le programme d'études: Inde: 10'900 pour l'année

Combien de temps pour préparer un échange ?

Pour le programme scolaire, le délai d'inscription est le 31 janvier pour un départ en août, et le 31 août pour un départ en février. Il est demandé au jeune de choisir trois destinations et de les lister par ordre de préférence. Le choix définitif est ensuite discuté lors de l'entretien. Certaines destinations tardives sont possibles, mais pas toutes. Pour le bénévolat ou le programme d'études, il est conseillé de s'y prendre au moins 4 mois à l'avance. Plus les démarches sont faites tôt, plus le choix de destinations sera grand et plus l'organisation sera facilitée.

 

Pouvez-vous partager avec nous un exemple, une anecdote de séjour à l'étranger réalisé par un jeune dernièrement ?

Pour ceux qui s'intéressent à notre programme de bénévolat, je conseille vivement d'aller voir le blog de l'un de nos participants 2014: vous attendent de nombreuses photos de la Thaïlande et plein de récits palpitants: jerometothailand.blogspot.ch

Et sinon, sur notre site afs.ch, il y a plein de comptes rendus de jeunes ayant participé à nos programmes.

 

Je suis un jeune de 15 ans, je m'apprête à terminer ma scolarité obligatoire mais je ne sais pas trop ce que je veux faire après... est-ce qu'un séjour à l'étranger pourrait m'aider à y voir plus clair ?

C'est mieux si le jeune a une idée de ce qu'il veut faire après. Le séjour va l'aider à clarifier qui il est, il va se découvrir et découvrir d'autres intérêts, mais c'est important qu'il ait un projet pour le retour. C'est stressant de ne pas savoir ce qui nous attend après et le risque est de se perdre dans cette phase-là. Cela peut être bénéfique pour des jeunes qui n'ont pas encore trouvé de places d'apprentissage. Devant de nouvelles situations on voit ce qu'on est capable de faire et c'est toujours gratifiant pour un jeune, ça lui donne confiance en ses propres compétences. Dans certains cas, l'expérience peut provoquer un « déclic », mais il ne faut pas partir avec cette idée comme motivation. Avoir des attentes trop élevées quant à l'échange risquerait d'en revenir déçu. Il ne faut pas négliger la préparation du retour, et cela passe évidemment par le fait d'avoir pensé à l'inscription dans une école ou autre projet.

 

Comment les jeunes peuvent s'adresser à vous ?

Par e-mail (info@afs.ch), par téléphone (044 218 19 19), par le biais de notre site afs.ch... il ne faut pas avoir peur si la personne qui décroche le téléphone répond en allemand. Vous serez immédiatement orienté vers un répondant francophone qui répondra à toutes vos questions.

 

Un message pour nos internautes qui seraient intéressés à partir ?

Osez partir ! Osez tenter l'expérience ! Osez partir dans un pays moins connu, cela va créer des opportunités que les autres n'ont pas !

Et si des jeunes veulent vivre l'expérience depuis chez eux, souhaitent apporter du changement à leur quotidien, nouer des liens internationaux, mais sans partir, AFS est toujours à la recherche de familles d'accueil en Suisse romande pour de jeunes adolescents des quatre coins du monde qui viennent passer un trimestre ou une année scolaire en Suisse. Pour ceux qui seraient intéressés par une telle expérience, vous trouverez plus d'information sur www.afs.ch/fa

 

Merci pour ces précieuses informations ! Bonne suite à AFS Suisse !