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Association VoGay - Florent Jouinot

Interview avec M. Florent Jouinot pour l'Association VoGay

Bonjour Florent, et merci pour ta disponibilité pour cette interview !

 

Pour commencer, pourrais-tu nous en dire un peu plus sur toi, sur ton parcours professionnel ?

Je suis français et me suis engagé dans le milieu communautaire lorsque j’étais à Paris. En arrivant en Suisse, je me suis engagé comme membre du Comité de VoGay. Nous avons alors rédigé des rapports de projets qui ont été soumis à l’Etat de Vaud pour des financements. Cela a permis le développement des Projets Jeunes, avec le maintien de la permanence Accueil-Écoute, le maintien et le développement du Groupe Jeunes et le lancement du Réseau d’Allié•e•s. J’ai commencé en tant que bénévole, puis je suis devenu salarié. En parallèle, également d’abord bénévolement puis ensuite sur mandat, j’ai coordonné les projets de santé et de prévention pour VoGay – VIH, IST notamment, et tout ce qui est lié à ces enjeux.

Depuis le changement du Comité de VoGay en juillet dernier, j’accompagne l’association dans une restructuration suite à la fin de mon rôle salarié. Je continue à m’investir en tant que bénévole ou consultant.

En parallèle, je suis actuellement engagé au sein de la fondation Profa, au Checkpoint Vaud, où j’assure la responsabilité de l’accueil et de l’administration du centre. Je serai prochainement le coordinateur romand des programmes de l’aide suisse contre le sida visant les hommes qui ont du sexe avec des hommes.

Globalement, ce sont des questions auxquelles je m’intéresse et dans lesquelles je m’implique depuis maintenant une quinzaine d’années, avec ces deux focus que sont d’une part la santé sexuelle et d’autre part les projets pour les jeunes.

 

Pourrais-tu nous présenter l’Association VoGay, son histoire, ses buts, ses activités/prestations et la structure de son équipe ?

VoGay a 20 ans cette année. Initialement c’était un groupe au sein de SIDAction pour la prévention VIH par et pour les hommes gays. Avec l’apparition des trithérapies et la disparition du spectre de la mort lié au VIH/sida, il y a eu le souhait de développer d’autres prestations à destination de ce public et en particulier des jeunes. Le groupe s’est donc dissocié de SIDAction pour créer une association indépendante à travers laquelle développer des prestations à destination des personnes en besoin mais aussi des actions propres dans le but de défendre les intérêts au niveau politique, institutionnel, etc. des personnes concernées au sens large, c’est-à-dire des personnes bisexuelles, gays, lesbiennes mais aussi de leur entourage, notamment les parents.

Il y a eu différentes orientations en fonction des comités et des besoins du moment. Lorsque je suis arrivé dans l’Association VoGay en 2008, on venait de sortir d’un nouveau pic d’infections VIH et en complément des actions de prévention de terrain mises en place, le souhait était d’ouvrir un Checkpoint, un centre de santé communautaire. L’annonce de l’ouverture de ce centre et du rattachement de la prévention à celui-ci a demandé à VoGay de réfléchir à une nouvelle orientation, à savoir celle d’offrir des prestations à destination des publics les plus vulnérables. L’un de ces groupes, c’était les jeunes qui découvrent une attirance pour les personnes du même sexe et/ou une identité de genre atypique. Il y avait un intérêt à développer des prestations pour celles et ceux qui se trouvent dans une intersection entre leur orientation sexuelle et/ou leur identité de genre atypique(s) et une autre facette de leur identité ou de leur parcours : leurs croyances religieuses pour les chrétien•ne•s, leur âge pour les jeunes comme pour les aîné•es, leur statut pour les personnes séropositives, leur arrivée dans un pays étranger dont elles ne parlent pas la langue pour les personnes allophones. Pour le moment, VoGay ne dispose pas encore de prestations propres pour les personnes en situation de migration difficile ou celles ayant des enfants.

Avec ses 20 ans, VoGay a de nouveau changé de nom : depuis la dernière assemblée générale, l’Association vaudoise des personnes concernées par l’homosexualité est devenue l’Association vaudoise pour la diversité sexuelle de genre. Le paradigme a réellement changé, ce ne sont plus uniquement des personnes se définissant comme gays ou lesbiennes qui sont visées, ce sont toutes les orientations sexuelles et toutes les questions de genre (notamment trans) qui sont incluses. Il faut promouvoir la diversité sexuelle, qui inclut tout le monde. Chacun•e devrait être en droit et dans la possibilité de vivre son orientation sexuelle et son genre, quelle qu’ils soient, et de les vivre de manière épanouissante.

Pour cela, il y a deux choses : accompagner les personnes et intervenir sur leur environnement. Dans ce cadre, VoGay propose plusieurs prestations, dont la permanence Accueil-Écoute, où un répondant et une répondante répondent aux questions par téléphone, e-mail, WhatsApp, etc. jusqu’à des entretiens individuels. Tout cela est gratuit et confidentiel. Il y a aussi le Groupe Jeunes, qui propose des rencontres dans différentes communes réparties dans le canton, environ 160 fois par année. Ces rencontres visent l’empowerment des jeunes via l’échange avec des pairs, des personnes possédant et se reconnaissant une part identitaire ou une trajectoire commune. Le Groupe organise aussi des campagnes, des actions de communications à différents moments dans l’année – comme la journée mondiale du sida, celle du coming out, celle contre l’homophobie et la transphobie, etc. Le Réseau d’Allié•e•s est, lui, une plateforme d’information, de formation et d’accompagnement de projets. Concrètement, on amène de l’information objective dans les espaces où vivent les jeunes, auprès de professionnel•le•s qui sont en contact avec les jeunes pour changer le contexte dans lequel évoluent ces jeunes, qu’il soit scolaire, extra-scolaire, de loisirs, sportif, médical, sanitaire… Pour résumer les Projets Jeunes interviennent sur trois fronts : l’individuel, le collectif et le contextuel.

 

Qui sont les personnes qui vous contactent ? Quelles sont leurs demandes ?

C’est très diversifié ! On peut par exemple avoir des questions administratives et juridiques en rapport avec les unions entre personne de même sexe, l’homoparentalité, le travail, les aides sociales, la migration etc. ou des situations de discrimination, ou encore des questions plus générales pour apprendre comment savoir si on est « homo » ou tout simplement amoureux-se, comment on crée un couple ou une famille, des questions liées à la prévention, et encore bien d’autres. On a un panel très large, qui inclut toutes les situations et tous les âges.

Quand ce sont des questions « simples », on transmet l’information et/ou on oriente. Quand c’est un peu plus compliqué, on accompagne : cela peut se faire sous forme de quelques échanges téléphoniques, ou alors par entretiens individuels. Ces accompagnements peuvent être de court terme ou peuvent parfois durer plusieurs années.

 

Remarquez-vous une différence, à travers les années, dans les problématiques soulevées par les personnes qui vous contactent ?

Je remarque qu’il y a eu plusieurs évolutions depuis une quinzaine d’années.

Tout d’abord, le niveau d’acceptation dans nos sociétés : la reconnaissance et la protection des couples a été grandissante, on le voit notamment en Suisse au travers des différentes lois pour les PaCs cantonaux puis le Partenariat Enregistré fédéral. A l’étranger, avec les lois contre l’homophobie, l’ouverture du mariage et de l’adoption pour les couples de personnes de même sexe, etc. Socialement, cela semble montrer une ouverture grandissante. Cela transparaît notamment dans la plus grande visibilité de l’homosexualité et dans une moindre mesure des questions trans dans la société et notamment les médias.

Cela permet à des personnes de pouvoir mettre de plus en plus tôt des mots sur ce qu’elles ressentent. Ainsi, j’ai pu observer un constant rajeunissement des jeunes s’adressant aux organismes communautaires pour partager leurs questionnements sur leurs orientations sexuelles et/ou leur identité de genre ou encore sur la manière d’en parler à leur entourage sachant que beaucoup anticipent un rejet qui heureusement ne se concrétise pas dans la majorité des cas. Alors que le coming out intervenait souvent à l’université (20-25 ans) il y a 15-20 ans puis au post-obligatoire (16-18 ans) il y a de cela 5-10 ans, aujourd’hui il n’est pas rare que la première révélation se fasse dès le collège (13-15 ans). Cela peut s’expliquer par une prise de conscience et une formulation à soi-même plus précoce que par le passé – vers 9-10 ans. Cela découle certainement de la plus grande présence de la thématique dans les médias. Même si ce n’est pas toujours fait de la manière la plus positive, cela permet aux jeunes de mettre un mot plus vite sur leurs questionnements. Leur parcours de définition identitaire commence plus tôt. Cela nous amène à devoir faire des réajustements. A cet âge, l’autonomie et les capacités de déplacement, les niveaux de langage et les capacités cognitives ne sont pas nécessairement les mêmes, et il faut donc adapter le langage, les approches, les prestations. C’est donc à la fois réjouissant car les jeunes ne restent plus seul•e•s dans le refus ou la honte de qu’ils•elles sont et à la fois préoccupant pour nous car ils•elles ne sont pas dans les mêmes conditions de liberté de mouvement qu’à 18-20 ans. Sans oublier que les violences (des coups à l’exclusion en passant par l’injure) ne sont pas rares dans les établissements scolaires et de formation qu’ils•elles fréquentent. Le rajeunissement du public concerné est l’une des évolutions importantes.

Il est également possible d’observer des identités plus nuancées et fluides. Avant, on trouvait une communauté à laquelle on était très attachée et on se battait pour elle. Aujourd’hui, cette recherche d’un terme, cette définition cristallisante est moins présente, on est plus dans la reconnaissance d’un sentiment, d’une parcelle identitaire, mais sans nécessairement la figer. Il y a beaucoup plus de fluidité et de nuances dans les définitions identitaires, et il existe aujourd’hui tout un catalogue de termes et de nouveaux apparaissent en permanence. Je trouve cela génial dans un sens parce que chacun•e se sent libre de se créer sa propre identité et au besoin le terme pour la désigner. A l’époque, c’était plutôt une vision binaire. Aujourd’hui, on est dans une diversité des possibles: on va plus demander si on éprouve de l’attirance pour les hommes et/ou pour les femmes, le féminin et/ou le masculin, plutôt que de demander si on est homo- ou hétéro-sexuel•le par exemple.

Par ailleurs, ce ne sont plus l’orientation sexuelle et/ou le genre atypique qui posent souci en soit. En Suisse, il est aujourd’hui possible de vivre de manière épanouissante si cette découverte d’une attirance pour les personnes du même sexe et/ou un genre atypique se font dans un contexte d’acceptation par la personne elle-même et par son entourage. . En revanche ; quand cela est découvert ou vécu dans un contexte qui n’y est pas favorable, cela peut conduire à de grandes difficultés. Ces situations sont de plus en plus spécifiques en lien avec l’origine, la culture, la religion, la situation socio-économique ou scolaire… Certaines peuvent conduire à des situations psycho-sanitaires aiguës. Cela va être difficile à différents degrés : par exemple lorsque le contexte ne le reconnait pas comme un possible, le•la jeune ne pourra pas mettre de mot sur ce qui est ressenti et ne pourra donc pas se dire et commencer ainsi à se construire. Il faut aussi que ça soit acceptable pour soi-même et pour son entourage, que cela soit dicible et une fois qu’on l’a dit, que cela soit quelque chose qui puisse être intégré et vécu de manière épanouissante. Il y a beaucoup de choses depuis « l’impossible » jusqu’à « je le vis de manière épanouie », beaucoup de choses qui interviennent individuellement (intrapsychiques), en interaction interpersonnelle et plus largement sociale (contextuelle, systémique), beaucoup de choses qui peuvent varier. Je vois aujourd’hui que la majorité va bien, et ça c’est très positif ! Ceux qui vont le moins bien sont effectivement dans ces contextes difficiles ou en tout cas perçus comme tels.

 

Si on revient sur les différents termes qui sont créés pour désigner les différentes orientations sexuelles, pourrais-tu nous donner une brève description de chacune d’entre elles ?

C’est difficile de pouvoir donner une définition précise de tous ces termes, parce que la diversité est grandissante et qu’il pourrait en quelques sortes y avoir autant de termes que de personnes. Il faut d’abord préciser qu’il n’y a pas seulement la question de l’orientation sexuelle, mais aussi la question du genre. En définitive, il y aurait 4 champs à retenir :

L’identité sexuée : c’est notre identité biologique. On a tous à la naissance des caractéristiques biologiques mâles et/ou femelles. Cette identité évolue pour tout le monde tout au long de la vie.

L’identité de genre : c’est le sentiment profond d’être un garçon/une fille, un homme/une femme, les deux, ni l’un ni l’autre ou « ça dépend ».

L’expression de genre – masculin ou féminin : c’est comment une personne va traduire son identité de genre à l’extérieur – avec des vêtements, des attitudes, le ton de voix, etc. – en espérant être reconnu dans celle-ci.

L’orientation sexuelle, avec toute la diversité de que l’on connaît : hétéro-, homo-, bi-sexualité, mais aussi flexi-, pan-, omni-, allo- alter-sexualité, asexualité aussi, ou encore homo-, hétéro-érotisme ou -sentimentalisme, etc. Ça soulève les questions d’attirance physique, érotique, sentimentale, psychique, sociale, vers un genre ou un autre, un sexe ou un autre, etc.

Ces quatre champs sont autonomes les uns des autres. Plus ou moins tôt dans sa vie, chacun•e trouve un espace de confort dans chacun de ces champs. Cet espace de confort peut évoluer, il peut être plus ou moins large, flexible et nuancé selon les individus.

C’est là où interviennent les questions trans. Une personne trans, c’est une personne qui ne se reconnait pas ou pas totalement dans le sexe qui lui a été assigné à la naissance, dans son identité sexuée. Il n’y a pas d’alignement entre identité sexuée et identité de genre, son identité traverse les catégories. Elle va alors entamer une « transition », d’abord identitaire pour se formuler à elle-même, puis sociale en se formulant aux autres. Parallèlement, elle peut souhaiter faire évoluer sa corporalité avec l’utilisation d’hormones et/ou de la chirurgie. Il n’y a pas de parcours « type » ou « (in)complet ». Chacun•e trouve un équilibre au niveau de sa définition et de sa construction identitaire, au niveau de sa corporalité, et de son insertion sociale.

Chacun•e a son identité! Il y a un bon site internet pour mieux comprendre ce qui relève des orientations sexuelles, des questions intersexes ou trans : www.itspronouncedmetrosexual.com, où le Genderbread Person permet d’illustrer toutes ces questions.

Finalement, l’important n’est pas tant de pouvoir utiliser tel ou tel terme pour se définir, mais surtout que chacun•e sache qu’il•elle a une identité sexuée, une identité de genre et une expression de genre ainsi qu’une orientation sexuelle. Celles-ci ne sont pas binaires mais davantage comme des continuums sur lesquels chacun•e va pouvoir se situer et trouver son espace de confort. Il n’y a pas forcément besoin de se « ranger dans une catégorie » et encore moins d’y être assigné-e par un tiers (individu ou entité) ! C’est d’ailleurs souvent de là que découle toute une série de discriminations.

 

Qu’est-ce que cette diversité impose dans l’accompagnement des personnes qui vous contactent ?

Toute cette évolution dans un espace diversifié amène quelques considérations à prendre en compte. Il faut d’abord identifier ce que la personne a comme information, où elle en est dans ses questionnements, ses ressentis, l’acceptation de ceux-ci, la manière dont elle les vit, les contextes dans lesquels cela se passe, etc. et l’accompagner là-dedans. On accompagne chaque personne par le questionnement, la réflexivité et la personne trouvera ses propres réponses.

Les repères manquent encore beaucoup dans notre société. On a encore le cliché du « mâle », cet homme viril qui doit conquérir le plus grand nombre de femmes et celui de la « femme », qui se doit d’être féminine et séduisante en attendant que le prince charmant débarque. La diversité des possibles entre et au-delà de ces archétypes est finalement assez peu représentée! Les modèles identificatoires positifs et de proximité, nuancés et diversifiés, dans lesquels les personnes peuvent se reconnaître sont encore assez peu nombreux.

Tout ça impose aussi la nécessité de faire la promotion de la diversité sexuelle. Dans les représentations sociales et en particulier dans les médias, on est encore trop dans une courbe de Gauss où on ne regarde que les extrêmes : soit on a le + qui sont les milliardaires, les stars, etc., cet inaccessible qui peut générer une certaine frustration ou le renoncement, soit on a le – : la pauvreté, la perte d’humanité, etc. qui peuvent apparaître comme une fatalité, une prédestination, « l’horreur qui t’attend ». Or, il est possible de trouver une issue positive et épanouissante et c’est ce qui arrive dans la majorité des cas, après plus ou moins de temps et de tempêtes! C’est important de garder ça à l’esprit et toujours orienter son discours vers une solution propre à la personne et à la situation plutôt que de rester focalisé sur les difficultés vécues ou encore sur des scenarii fatalistes ou à l’inverse irréalistes pour la personne à l’instant où elle s’adresse à nous.

L’accompagnement dépend aussi de l’âge de la personne, de la manière dont elle se définit et se présente et enfin des attentes et besoins qu’elle formule plus ou moins explicitement. Avant toute chose, il faut valider la définition que les personnes donnent d’elles-mêmes et quittancer les difficultés dont elle pourrait témoigner. La remise en question de l’identité exprimée ou du mal-être ressenti n’est d’aucune utilité et pourrait au contraire être délétère.

 

On peut lire dans un rapport que la personne la plus jeune vous ayant contacté avait 10 ans, et la plus âgée 92 ans. Est-ce que tu vois un changement dans l’approche de toutes ces questions en fonction de l’âge de la personne qui vous contacte ?

En plus de tous les enjeux qui sont liés aux changements que j’ai cités précédemment, je dirai que je vois de plus en plus que l’intergénérationnel se perd. On a une diffusion des informations, des échanges et des créations de lien qui se font de manière horizontale au sein d’une génération. Avant, on était contraints d’aller dans des espaces communautaires où, de fait, on se rencontrait entre générations et au sein d’une diversité de genre, de statut économique, social, culturel, ethnique, etc. Chez les jeunes actuellement, il n’y a pas du tout le souhait d’avoir des échanges intergénérationnels. C’est dommage, parce que les nouvelles générations ont tendance à prendre pour acquis le fruit des combats menés par les générations précédentes et n’ont pas nécessairement conscience que tout ce dont ils disposent aujourd’hui reste limité et précaire.

 

Quels sont vos défis pour l’avenir ? 

Il y a tous les enjeux intersectionnels entre les différentes facettes identitaires dont on a parlé (genre, culture, statut juridique…). Il faut continuer de promouvoir la diversité sexuelle et permettre aux personnes de vivre de la manière la plus épanouissante possible. Continuer à en parler et à informer les personnes; montrer que la majorité va bien et promouvoir aussi le partage et le dialogue entre les groupes sociaux. Ensuite, il y a les droits politiques d’une part et les droits sociaux d’autre part et tous les non-dits qui s’y rattachent : les droits peuvent être acquis sur le papier mais l’exercice du droit n’est pas forcément possible. Il faut aussi jouer sur toutes ces violences (in)visibles et systémiques que vivent les personnes qui ne peuvent pas (encore) exercer leurs droits !

 

Le mot de la fin ?

Il faut veiller à deux choses ; tout d’abord l’inclusion : il faut être attentif•ive à ce que les prestations, les documents, les discours, etc. soient inclusifs, c’est-à-dire que toute personne puisse s’y reconnaître, quelle qu’elle soit, quelle que soit son orientation sexuelle, son identité de genre mais aussi son origine, sa religion, etc. Il faut que le texte – avec l’épicène notamment – mais aussi que les images soient inclusifs de la diversité. Par ailleurs, il faut aussi veiller à l’intégration de toutes les spécificités liées à des facettes identitaires, comme peuvent l’être l’identité de genre, l’orientation sexuelle, la religion, etc. dans le discours et la posture que l’on adopte. On arrive à faire reconnaître les besoins spécifiques dans une prestation, mais si tout le discours préalable n’est pas inclusif, les gens ne vont pas solliciter le service parce qu’ils ne vont pas se reconnaître ou qu’ils vont se sentir marginalisés. A l’inverse, si par son discours inclusif on arrive à atteindre un public mais que celui-ci ne trouve pas une réponse adéquate à ses besoins spécifiques, il partira sans solution et ne reviendra pas. C’est important d’être à la fois inclusif et spécifique et dans tous les cas positif !

 

Merci beaucoup pour cet échange ! Nous vous souhaitons tout de bon pour la suite !