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La Médiation - Michel Dedominici

La Médiation présentée par M. Michel Dedominici.

Bonjour, et merci de nous dire en quelques mots en quoi consiste la médiation et pourquoi elle rencontre un tel succès

La médiation est un mode amiable ou alternatif de résolution des conflits, des litiges. La médiation est un espace confidentiel dans lequel des personnes en désaccord ou en conflit choisissent librement de se rencontrer pour traiter d’un sujet. Dans un climat de respect mutuel, les participants s’expriment et s’écoutent à tour de rôle. On ne cherche pas à savoir qui a tort ou qui a raison mais plutôt à ce que chacun se sente respecté dans sa façon de voir et de vivre les choses.

Le médiateur, tiers impartial, réunit les parties dans un lieu neutre. Il les aide à restaurer un dialogue d’adultes responsables, de telle sorte qu’ils parviennent à trouver eux-mêmes les solutions communes et satisfaisantes à leur différend.

Aujourd’hui, les personnes s’ouvrent de plus en plus au dialogue, et ceci même dans les situations de « crise ». La médiation propose aux personnes en conflit de communiquer sur le lien qui les relie et donc de parler du présent et de l’avenir. Pour préciser, je dirais que le médiateur propose aux participants, en partant de ce qu’ils vivent et ressentent « aujourd’hui », de construire ensemble la manière dont il souhaitent poursuivre leur relation. Et ceci, tout en préservant le lien !

La médiation représente un mode de résolution des conflits parfaitement en phase avec notre société. Elle reconnaît chacun dans ses différences, ne cherche pas à « changer » les personnes mais responsabilise l'individu au sein de la relation.

 

La médiation recouvre des domaines différents, pouvez-vous nous dire lesquels? 

En effet, la médiation est une approche qui se développe dans de multiples domaines. Aujourd’hui, nous entendons beaucoup parler de médiation familiale (lors de séparation ou de divorce), de médiation de voisinage ou de quartier et de médiation scolaire. Mais, la médiation s’applique dans les domaines tels que le couple, le commerce, la famille (entre générations), l’entreprise, le partenariat (plutôt professionnel), la santé (dans les hôpitaux, entre professionnels et patients), le droit (civil ou pénal pour mineurs), de l’assurance ou encore de l’administration (relation entre les usagers et les administrations cantonales).

Mais aussi, et il me semble important de le nommer également, la médiation s’inscrit parfaitement dans les processus participatifs (démarche dans laquelle les décisions sont élaborées avec la participation des personnes concernées par le sujet) et dans un esprit de prévention. La médiation est une approche qui tend à optimiser la communication.

 

 Dans quelles circonstances peut-on recourir à cette aide? 

A chaque fois qu’il y a relation et lien entre les personnes. A chaque fois que les personnes en conflit décident de traiter ce dernier non sur le mode « gagnant – perdant » mais « gagnant – gagnant ». A chaque fois que l’on est convaincu qu’il est préférable pour chacun de discuter pour trouver ensemble des solutions tournées vers l’avenir plutôt que de chercher le coupable dans le passé.

 

Quelles sont les étapes d'un processus de médiation? 

Les différentes étapes d’un processus de médiation sont :

Demande de médiation

Possibilité d’entretiens préalables individuels

Première séance pour clarifier les attentes de chacune des parties, poser le cadre du processus de médiation et, s’assurer que la médiation est bel et bien adaptée à la situation

Processus de médiation : Expression des points de vue de chacun – Mise en évidence des besoins de chacun – Exploration de ce qui est possible pour la suite et enfin, comment mettre tout cela en place !

Réalisation et ratification des accords

Possibilité d’un temps de mise à l’épreuve des accords.

 

Y a-t-il des cas où la médiation est déconseillée car inopérante ou même contre productive ?

Oui, les situations où il y a des violences physiques ou psychiques. La médiation ne peut s’effectuer si une personne « craint » l’autre partie. Dans ce cas de figure, le temps ne serait pas au dialogue mais prioritairement à la sécurité. La médiation ne doit en aucun cas représenter « une tribune » pour une personne maltraitante. Pour ces raisons, le médiateur peut à tout moment mettre un terme au processus de médiation s’il s’aperçoit qu’une des parties est trop fragilisée pour prendre des décisions… ses décisions.

Dans les situations où l’une des personnes est obligée, l’un des principes de base de la médiation est la volonté et le libre choix minimum de chacun à participer.

Lorsque l’une des personnes de trouve dans le déni, il est difficile d’imaginer vouloir traiter d’un sujet, d’un problème si l’une ou l’autre des parties ne « reconnaît » pas qu’il y a litige ou tout au moins une situation qui est difficile à vivre pour l’autre. Dans un tel cas, il n’est pas possible d’imaginer se diriger vers des accords !

Et enfin, lorsque les faits sont trop graves et qu’ils relèvent de la justice".

 

Accepteriez-vous de partager avec les internautes l’une de vos expériences de médiation ? Pourquoi vous a-t-elle marquée ?

Dernièrement, j’ai eu une médiation entre une belle-mère et sa belle-fille. Ces deux dames étaient, par le passé, proches et s’entendaient bien. Suite, entre autre, à la séparation du jeune couple, les relations entre elles se sont progressivement détériorées et il était devenu impossible pour elles de se côtoyer sans violences verbales, sans agressivité. Dans ces moments de grandes tensions, il est évident que l’enfant du jeune couple ne voyait plus sa grand-mère.

Lors d’un échange téléphonique houleux, l’une des personnes a tenu des propos vulgaires et dévalorisants vis-à-vis de son interlocutrice. Cette dernière a porté plainte. L’avocate de l’une des parties a proposé une médiation afin que ces deux personnes renouent un dialogue et tentent de se mettre d’accord sur la suite à donner à cette plainte. Le délai était de deux mois environ.

Après 3 séances de médiation, ces deux dames ont pu signer les accords qu’elles avaient élaborés ensemble. Le texte final portait sur les conditions et engagements inhérents au retrait de la plainte, sur la manière de communiquer ensemble dorénavant et sur l’organisation autour du jeune enfant en lien avec sa grand-maman.

Dans une telle situation, les personnes arrivent en médiation avec un catalogue de reproches et de non-dits.

Dès la première séance et ceci grâce à une grande ouverture et implication de chacune des personnes présentes, il a été possible de nommer le « souci principal ». En effet, derrière ces rancœurs, ces reproches, ces provocations et même ces menaces se cachait chez chacune d’elle un sujet commun très douloureux. Ces dames souffraient beaucoup que le jeune enfant ne puisse pas profiter de la « seule » grand-maman qui lui restait. Pour chacune, le rôle des grands-parents était essentiel au sein de la famille et cela résonait très fort pour les deux parties.

Dans cette situation, les personnes ont fait preuve de courage en renouant un dialogue après plusieurs mois de grandes tensions. Un courage nécessaire pour demander un processus de médiation...venir s’asseoir en face de la personne avec laquelle on se trouve en conflit et parler de ce qui est difficile pour soi.

Ce qui m’a marqué dans cette situation reste la force et l’énergie que ces deux personnes ont mis pour différencier la relation belle-maman à belle-fille de celle d’enfant à grand-maman. Cela à permis à chacune de reconnaître et de légitimer « l’autre » dans son rôle vis-à-vis de l’enfant, mais aussi d’exprimer clairement qu’elles n’allaient jamais devenir amies ! Ces personnes ont réussi à « s’entendre » pour le bien-être de l’enfant en laissant de côté leurs querelles d’adulte.

 

Merci, Michel, pour ces explications claires sur cet outil très constructif qu'est la médiation, et bonne suite !

Pour prendre contact ou obtenir des informations supplémentaires:

Michel Dedominici

Médiateur FSM et éducateur

Tél: 079 319 03 38

E-mai: michel.dedominici@bluewin.ch