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PARSPAS - Valérie Gay-Crosier

Interview de Mme Valérie Gay-Crosier, Directrice de PARSPAS, Association Valaisanne pour la Prévention du Suicide.

Bonjour Valérie et merci de nous accorder du temps pour nous présenter l'Association PARSPAS ainsi que votre propre activité en son sein.

Pouvez-vous tout d'abord nous dire quels sont les objectifs de votre association?

PARSPAS a pour but de contribuer à la réduction du nombre des suicides et des tentatives de suicide, respectivement d’en diminuer les effets collatéraux, également pour l’entourage immédiat. Ses objectifs prioritaires sont l'amélioration de la connaissance des personnes touchées ou concernées par le suicide en matière de ressources d’aide (et en favoriser l’accès), l'atténuation de l’isolement des proches et de l’entourage lors d’un suicide ou d’une tentative de suicide en offrant un accueil, une écoute, un réconfort, un accompagnement, ainsi qu’un relais vers des ressources adéquates (autres personnes ou institutions spécialisées professionnelles et/ou médicales, associations, etc.…), si cela s’avère nécessaire. Parspas souhaite aussi sensibiliser l’opinion publique et les professionnels au sens large et améliorer les connaissances de la communauté en matière de prévention du suicide. Enfin, l'accent est mis également sur la promotion de la collaboration entre professionnels, institutions et groupes d’entraide.

 

Quelles prestations sont offertes par l'association?

Les engagements de PARSPAS se traduisent principalement par trois activités types :

Les groupes de soutien offrent à des proches endeuillés suite à un suicide, la possibilité de rencontrer d’autres personnes ayant traversé une tragédie semblable à la leur. Ces rencontres ont lieu à Sion, Saint-Maurice et Brig à raison d’une fois par mois.

L’écoute et le soutien individuel par mail à aide@parspas.ch ou par téléphone avec les répondants du 027/321 21 21. La ligne est ouverte 7 jours sur 7 de 8h00 à 20h00.

Les activités de sensibilisation, de prévention et de formation sur mandat du «Réseau Entraide» valaisan.

 

En quoi consiste exactement la ligne téléphonique d'écoute et quel est le profil des répondants qui prennent les appels?

Comme mentionné plus haut, la ligne d’écoute et soutien consiste en une ligne téléphonique et une adresse mail. Elle s’adresse à toute personne confrontée à la problématique suicidaire. Que ce soit les personnes en détresse existentielle, leurs proches, leurs amis, voire même des professionnels. Nous répondons et orientons tous types de demandeurs. Quant aux intervenants, ce sont des personnes bénévoles concernées ou sensibilisées à la problématique du suicide. Supervisés et formés régulièrement par des professionnels, ils fondent leur action sur l’accueil, l’écoute et le réconfort. Ils guident des personnes en détresse morale vers les ressources existantes (médicales ou non médicales).

 

Pouvez-vous nous parler plus précisément des "groupes de soutien"? En quoi consistent-ils et à qui s'adressent-ils?

Les groupes de soutien sont ouverts aux personnes ayant perdu un proche par suicide et leur offrent la possibilité de rencontrer d’autres personnes qui sont passées par là. Ces groupes sont animés par une professionnelle. Les proches endeuillés peuvent aussi bénéficier de soutien individuel sous forme d'entretiens directs, téléphoniques ou électroniques.

 

On trouve le mot "prévention" dans le libellé de votre association? Quelles sont les actions préventives que vous menez?

Les interventions de sensibilisation sont destinées à la population, aux proches ou aux professionnels. Elles portent sur la problématique du suicide dans le cadre du programme de sensibilisation du «réseau entraide». A ce titre, nous intervenons également dans certains établissements scolaires, sur demande de la direction.

 

Constatez-vous une évolution, ces dernières années, par rapport à la demande?

Chaque année, nous pouvons constater une sensible augmentation du nombre d’interventions dans le secteur écoute et soutien. Ceci est probablement dû à nos efforts en termes d’information à la population par le biais des médias, mais également à notre précieuse collaboration avec le Réseau Entraide Valais (REVS). Notre implication dans l’action du REVS nous a permis de nous faire connaître auprès des professionnels du social et de la santé de notre canton qui, dès lors, proposent nos services à leurs usagers en demande d’aide.

L'association Parspas a-t-elle des projets particuliers dans le futur?

Notre priorité consiste à assurer la pérennité de nos prestations. Dans un second temps, nous souhaitons accroître les actions de sensibilisation auprès des professionnels. Les organisations visées sont avant tout les acteurs des milieux de l’enseignement, des soins et du social. Il s’agit d’actions permettant de favoriser les possibilités d’interventions et l’accès aux ressources dans les réseaux à disposition mais aussi l'amélioration de la connaissance en identifiant des facteurs ou des degrés de risques.

 

Parlons un peu de vous-même...Quel est votre rôle au sein de la structure?

Mon rôle au sein de l’association est divisé en deux axes. Pour commencer un axe de direction avec tout ce que cela implique: gestion, recherche de fonds, organisation d’événements visant à promouvoir l’association, contacts avec les médias, collaboration avec les acteurs sociaux valaisans, sélection des intervenants bénévoles, etc.

Ensuite un axe responsable des prestations incluant: les accompagnements, suivis et supervisions des répondants bénévoles, les interventions de PARSPAS dans les ateliers de sensibilisation dispensés dans les écoles et autres lieux et les animations des groupes de soutien pour les proches. Et pour finir, les entretiens individuels, sur demande spécifique des appelants ou participants aux groupes.

 

Qu'est-ce qui vous a amené à diriger l'association Parpas et comment cela s'intègre-t-il dans votre carrière professionnelle?

Après avoir consacré une quinzaine d’années au domaine des dépendances, j’ai été intéressée par la problématique du suicide, celle-ci étant souvent liée à des comportements addictifs. En parallèle, je travaille également pour l’association « Faire le pas » qui accompagne des adultes ayant vécu des abus sexuels, durant leur enfance et/ou adolescence. Ces personnes sont, elles aussi, souvent confrontées à des idéations suicidaires.

 

Le mot de la fin....

Bien que cela évolue, suicide reste un sujet tabou… Merci d’avoir pris la peine de me lire jusqu’au bout… c’est aussi ça briser le silence.

 

L'association Telme vous remercie d'avoir répondu à ces questions et d'avoir partagé votre expérience....Nul doute que nos internautes apprécieront!

Informations complémentaires:

Parspas

Association Valaisanne pour la Prévention du Suicide

CP 2287

1950 Sion 2

www.parspas.ch

Ecoute et soutien :

aide@parspas.ch

027 321 21 21

Contact :

info@parspas.ch

027 322 21 81