
" Bonjour, Ana! Peux-tu te présenter? "
- " J'ai 26 ans et je suis psychologue. J'arrive au terme de mon stage à Telme et ce qui me caractérise, ce sont mes deux cultures qui m'influencent beaucoup! De mère brésilienne et de père suisse, j'ai grandi dans une localité du bord du lac de Neuchâtel avant de partir étudier à Fribourg. J'ai vécu 8 mois au Brésil au cours de ma formation...c'était un désir de longue date! J'y ai fait deux stages: un chez un psychothérapeute comportementaliste et un autre avec des personnes souffrant de déficit d'attention.. Ces expériences ont confirmé mon envie de travailler dans la clinique. Cela fut aussi l'occasion de me rapprocher de ma famille brésilienne!
J'ai vécu dans ce pays des valeurs d'ouverture, de serviabilité et de richesse relationnelle. J'ai également travaillé dans une ONG dont le but est de promouvoir les artistes des favellas, berceau de la samba où se côtoient d'incroyables élans mais aussi la violence crue liée entre autres aux cartels de la drogue. Rencontrer des gens qui doivent lutter m'a fait remettre en question mes valeurs.
" En tant que jeune adulte, sur quoi fondes-tu tes choix? Que dirais-tu aux personnes qui pensent que ça ne vaut pas le coup de tenter des changements car notre monde part à la dérive?"
- "Pour moi, la vie a un sens en soi! Vivre, c'est partager, être en relation avec autrui et, ce qui est très important à mes yeux, c'est que chacun peut créer son monde autour de soi. Pour moi, ce qui compte est la chaleur que je trouve dans mes interactions avec les personnes que je rencontre et qui partagent mes valeurs, ensemble on avance....C'est par mon attitude que je vais contribuer à cela chez l'autre. On est acteur et maître de notre vie. Il est important de sentir qu'on tient notre vie en mains et qu'elle n'est pas uniquement à la merci des événements extérieurs!
Le sens de la vie ne provient pas de l'extérieur mais chacun-e peut se le forger, le trouver en soi et dans ce qu'il vit au quotidien".
" Dans les difficultés et ruptures affectives, géographiques, sociales que tu as vécues, qu'est-ce qui t'a permis de repartir sans voir cela comme une perte ou un anéantissement?"
-"Ce qui aide, qui est là et ne va jamais se casser, c'est moi et mon identité. C'est savoir qui je suis malgré les événements fragilisants. Ma famille a toujours été là quand je craquais. Il faut aller chercher du soutien quand on en a besoin afin de retrouver un but.
Dans tout ce que je fais, j'ai ma part personnelle et l'échec ne va pas me faire cesser d'exister! Dans une relation par exemple, je ne vais pas m'identifier à l'autre au point de me perdre ou de tout attendre de cette personne, ce qui fait qu'en cas de rupture, je continue d'exister pour moi-même.
De même, en arrivant dans un nouveau lieu de vie, je recherche ce dont j'ai besoin: les relations, aider autrui, partager ma foi au sein d'une communauté, trouver des lieux de dépense physique,...
Je reste rattachée à qui je suis....
En se connaissant, on va plus facilement au devant de ce qui est bon pour soi. Cela exige de la volonté car c'est une construction pas toujours facile et qui peut prendre du temps! Les épreuves ne sont pas à voir que comme destructives ou négatives, elles permettent la découverte de soi et de ressources qu'on n'aurait pas imaginées.
En se mettant dans un état de disponibilité intérieure, la vie répond souvent au-delà de nos attentes.
Je crois en Dieu et c'est aussi ce qui me permet de croire en la vie, au respect de chacun et je trace mon chemin en essayant d'être constructive.
Ce qui détermine mes actes et mes choix se résume à: prendre soin de moi, rester attentive à mes besoins.
"Un mot de la fin?"
"Je collectionne les pierres sur mon chemin pour construire mon château!"...un proverbe que j'aime particulièrement.
"Merci Ana, et bon vent !"