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Elisabeth Ripoll, responsable clinique de «Faire le pas»

Elisabeth Ripoll, responsable clinique de «Faire le pas»

Bonjour Elisabeth, je te remercie de nous présenter ton activité à Faire le pas dans le cadre de cette interview.

Faire le pas est une association qui a bientôt 20 ans, sa mission est d'offrir une aide professionnelle aux femmes et aux hommes ayant été victimes d'abus sexuels dans leur enfance ou dans leur adolescence. Elle a une 2ème mission qui est de proposer de la formation et du soutien aux professionnels qui veulent améliorer leurs connaissances sur ce thème.

D'abord, dans les grandes lignes, peux-tu nous décrire les objectifs de votre association?

L'objectif principal c'est de permettre aux personnes qui ont été victimes d'abus d'être accueillies; de leur offrir un lieu d'accueil et d'écoute, un lieu dans lequel elles se sentent en sécurité, comprises, soutenues. L'objectif est aussi qu'elles trouvent une aide professionnelle qui va leur permettre de dépasser les conséquences de l'abus sexuel dans leur vie actuelle.

Qu'est-ce qui t'a amenée à y travailler, quel est ton profil professionnel?

De manière tout à fait surprenante j'ai travaillé à Faire le pas dans les débuts de sa création, j'y avais travaillé un an. J'y reviens 15 ans plus tard. Il y a 15 ans, je n'avais pas de formation
15 ans après j'y reviens avec tout un parcours professionnel assez riche...
J'ai un parcours professionnel sur 2 axes, l'un comme psycho-pédagogue, ma première formation, qui m'amène à travailler avec des enfants et des ados sur leur stratégies d'apprentissage; et un autre sur la prise en charge des victimes de traumatismes.
Je me suis formée en Belgique, au Québec...
Par rapport à l'abus sexuel j'ai eu la chance de pouvoir travailler et me former dans la prise en charge des familles de victimes enfants et adultes et puis des auteurs d'abus sexuels enfants et adultes.

Quel est ton rôle dans cette structure?

Je suis responsable de l'activité clinique, un rôle à plusieurs facettes, c'est pour cela qu'il est intéressant. La première c'est un soutien tant au niveau de la réflexion clinique. C'est une équipe de 9 personnes, dispatchée sur trois cantons.
Le soutien au niveau clinique c'est d'être présent pour l'équipe au niveau clinique par téléphone ou sur le terrain, ça va dépendre de l'urgence et de l'emploi du temps, pour de la supervision. Nous devons toujours remettre en questions nos pratiques et acquérir de nouveaux outils et de nouveaux cadres de compréhension de la problématique...

Que peux–tu dire de la spécificité justement de l'abus sexuel par rapport à d'autres traumatismes?

La particularité de l'abus sexuel et sa complexité dans la mesure ou c'est un traumatisme, c'est aussi une transgression sexuelle, c'est aussi un abus de confiance, ainsi qu'un abus de pouvoir, et, dans certains cas, c'est aussi un abus spirituel. C'est l'ensemble de ces 4 ou 5 dimensions qui rend le travail délicat et complexe...

Comment travaillez-vous, quelle approche utilisez-vous à Faire le pas?

Pendant très longtemps on a utilisé une seule approche qui était la prise en charge de groupes, depuis 3 ans, à Lausanne, on a ouvert des consultations individuelles pour les personnes pour lesquelles le groupe n'était pas adapté. Ensuite on a une équipe avec des formations assez différentes, des travailleurs sociaux, des psychologues qui sont parmi nous parce qu'au départ ils avaient des spécialisations intéressantes, comme la sexologie, l'art thérapie, le travail avec l'écriture, etc...
Ce qui nous intéresse est cet aspect complémentaire de toutes les personnes qui constituent l'équipe, chacun ayant sa spécificité et ses particularismes. Et en parallèle avec ça, l'association leur offre une formation identique à chacun qui doit servir de point de ralliement unificateur de l'équipe, cela doit leur servir de culture commune, ou de connaissances partagées.

En quelques mots, en quoi est composé cet axe central?

La sexologie, la théorie et le travail sur la dissociation « la dissociation structurelle de l'identité »
L'autre aspect, c'est le développement de compétences et de connaissances sur la co-animation de groupe

Vous avez développé des services dans d'autres cantons, il y a la même demande?

Nous avons ouvert une antenne à Martigny et une à Fribourg. Ce qu'on a voulu c'est que les gens qui travaillent dans les antennes soient des gens du coin, intégrés dans leur canton. Ca c'était vraiment important
Il y a donc 3 antennes avec Lausanne...

Est-ce différent d'un canton à l'autre?

La différence principale est que l'antenne de Lausanne existe depuis 18 ans, elle a eu le temps d'être connue, reconnue, elle fait partie du réseau psychosocial alors que pour les cantons du Valais et Fribourg, Faire le pas est une toute nouvelle structure qui doit se faire connaître.
Se faire connaître du public prend beaucoup de temps, d'autant plus que, souvent, entre le moment où la personne a l'information qu'il existe une structure comme Faire le pas et qu'elle se décide, à faire le pas, à prendre contact, il peut se passer plusieurs longs mois.
Les relations de confiance, ça met du temps à s'établir...

Quels sont les moments forts, tes souvenirs...?

Le dernier souvenir très fort c'est la fête de Noël qui a été organisée à Lausanne pour les membres de l'équipe et les participants. Chaque année la tradition associative fait qu'on organise le Noël des participants des groupes...
A Martigny et à Fribourg, il y a un seul groupe, donc la fête se déroule au cours d'une des dernières rencontres de l'année. Par contre à Lausanne il y a 3 groupes par semaine et donc la fête de Noël s'adresse à l'ensemble des participants actuels et passés. Cette année, c'était une fête que j'ai trouvée très touchante, parce que chaque participant du groupe avait apporté une de ses spécialités culinaire, les membres de l'équipe avaient décoré les locaux de manière très festive, c'était très beau de voir les pièces si bien décorées avec ces plats, très joli..., très gai...

Les gens se sont mis à se parler, à partager. Un monsieur est venu alors qu'il avait quitté les groupes depuis 3 ans, il a partagé son cheminement et a été magnifiquement accueilli. Une autre personne s'est mise à raconter des contes de son pays. C'était une soirée à la fois belle et paisible, une co-création.

Constates-tu une évolution depuis ces dernières années, par rapport à la demande?

On pourrait croire que c'est plus facile aujourd'hui de faire une démarche de demande d'aide parce qu'on en parle plus, alors on imagine qu'il y a moins de tabous et que ça pose moins de problèmes; mais dans les faits, ça reste toujours aussi souffrant, difficile, compliqué d'oser faire la démarche et d'oser aller dire « bonjour, je voudrais un rendez-vous car j'ai été victime d'abus sexuels quand j'étais petit-e ».

C'est une illusion de faire un lien de cause à effet entre le fait qu'on en parle de plus en plus dans les médias et de croire que pour une personne qui a été victime, ce serait serait facile de demander de l'aide...

Le mot de la fin...

Les personnes qu'on a la chance d'accueillir et d'accompagner à Faire le pas sont vraiment des personnes extraordinaires. Je suis aussi fière de l'équipe qui travaille qui donne de leur temps, de leurs compétences, de leur coeur, une belle équipe.

Toute l'équipe de Telme te remercie, nos meilleurs voeux pour que vous puissiez poursuivre votre activité dans les meilleures conditions.