
"Bonjour, et merci de m'accueillir dans cette école qui a vu passer plusieurs générations d'étudiant-e-s ...! Je vous laisse vous présenter."
"J'ai 48 ans et une formation d'assistante sociale et d'animatrice socio-culturelle effectuée dans cette école. J'ai travaillé durant 8 ans à la Ligue vaudoise contre le cancer où j'assurais le suivi de patients et proches aux différents stades de la maladie.
J'ai été femme au foyer tout en faisant un complément de formation dans une vision plus sociologique et politique du travail social. J'ai ensuite commencé à enseigner ici où je participe également à l'organisation de la formation et des stages."
"Pouvez-vous nous décrire l'école, ses filières et ses missions?"
"L'EESP propose une formation par modules dynamiques dans une alternance entre savoir théorique et pratique, ainsi qu'un regard centré à la fois sur le général et le particulier.
La formation de base reste généraliste, alors que les spécialisations se font en formation continue.
L'école poursuit deux objectifs:
- Développer des compétences professionnelles
- Former des praticiens réflexifs, c'est-à-dire capables de poser des actes, de porter un regard évolutif et critique sur ce qu'ils font et d’exprimer leur pensée.
Pour mettre l'usager dans une position de sujet, les professionnels doivent pouvoir verbaliser le sens de tel acte ou décision.
"Comment voyez-vous ces professions et leur évolution?"
"C'est un engagement exigeant et inscrit dans la durée...
De manière générale, alors que des secteurs tels que l'économie ou la techniques sont perçus comme dynamiques et valorisants, le travail social ne permet pas de "faire carrière". Si l'on vise un poste à responsabilités, on déborde inévitablement sur d'autres champs professionnels comme le management, par exemple. Par ailleurs, les professions du travail social sont toujours très féminisées. Toutefois, plus on monte dans les organigrammes, plus on trouve d'hommes et de temps complets.
Les relations, l'envie de contact, la valeur humaine restent très présents dans le travail social. Le désir de véhiculer ces valeurs-là est un moteur indispensable qui sera ensuite forgé par la dimension professionnelle. L’envie de faire avec les gens individuellement et collectivement est essentielle! On considère l'individu avec ses compétences sociales dans la perspective de ce qu'on peut (re)mobiliser ou (re)construire à ce niveau.
Vouloir aider...c'est nécessaire, mais non suffisant! L'usager doit rester actif. Le professionnel tient compte de réalités légales, politiques, administratives, sociales, économiques, institutionnelles,...Il travaille avec son échelle de valeurs, sa subjectivité. Il doit apprendre à se connaître afin d'éviter les abus de pouvoir face à l'usager. L'image des travailleurs sociaux suscite parfois de la méfiance car ils sont vus comme « réglementant la vie » ou encore « animés d’une vocation sans limite » !
Il faut être disposé à gérer les limites, les conflits, l’application de cadres, l'intégration dans une équipe...tout cela dépasse la seule envie d'aider!
"Que diriez-vous aux jeunes qui songent à se lancer dans ce domaine professionnel ?"
Chez les étudiants qui se forment dans notre école, le choix de ce type de professions se conjugue souvent avec leur projet de vie et le regard qu’ils portent sur la société.
S’ils sont motivés, ils ont raison d’essayer en mettant l’envie à l’épreuve de la réalité par des stages et des rencontres avec des professionnels !
C’est un domaine passionnant….on donne et reçoit beaucoup! On évolue au fil des expériences sans être jamais arrivé…Il ne faut pas exercer une profession sociale si l’on veut être sûr-e d’«avoir bien fait son travail », car nous avons peu de moyens d’évaluer les effets de notre action….Ma conclusion sera une piste de réflexion pour les personnes intéressées par ce type de professions: « SUIS-JE CAPABLE DE VIVRE AVEC L’INCERTITUDE ? »
« Merci de cette rencontre ! »
Pour plus d'infos sur l'école et les filières de formation: www.eesp.ch