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14.05.2012
"LES MEDIEVALES D'ANDILLY": 26-27-28 mai & 2-3 juin 2012...
Voyage dans le temps jusqu'au Moyen-Age...joutes, rapaces, contes, troubadours, fées, homm...
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28.03.2012
Visite dans un gîte équestre du Jura avec son responsable, M. Michel Beuret
-  "Bonjour, pouvez-vous nous présenter en quelques mots votre gîte et son concept?" - ...
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M. Arnold Poot; Inspecteur à la Brigade des Mineurs et des Moeurs de la police cantonale vaudoise, responsable des affaires de pédophilie et pornographie impliquant des mineurs sur internet

M. Arnold Poot; Inspecteur à la Brigade des Mineurs et des Moeurs de la police cantonale vaudoise, responsable des affaires de pédophilie et pornographie impliquant des mineurs sur internet

 

M. Arnold Poot; Inspecteur à la Brigade des Mineurs et des Moeurs de la police cantonale vaudoise

Interview:
 « Bonjour, et merci de nous présenter votre travail qui est particulier! »
- « Oui, nous nous occupons de toutes les affaires à caractère sexuel sur le plan cantonal et nous supervisons les situations de mineurs commettant des délits. Cette brigade comprend une unité de deux inspecteurs spécialisés dans la problématique d'internet (pédophilie, pornographie). Sur la toile, notre mission est de répondre aux inquiétudes des citoyens et d'aider les collègues confrontés à des situations dans lesquelles internet joue un rôle. Nous tentons d'avoir une action préventive, par exemple en infiltrant des milieux pédophiles. Notre objectif est de « compliquer » l'action des auteurs de façon à ce que chaque fois qu'ils pensent entrer en contact avec un enfant, ils se disent qu'il peut potentiellement s'agir d'un policier... Notre but est d'empêcher le plus possible les contacts entre adultes et mineurs et pédophiles entre eux »

 « Comment la population voit-elle votre travail? Quelques a priori à démonter ? »
- «  La population pense que nous avons beaucoup de moyens dans notre travail sur internet, or nous sommes tenus par notre propre loi et celles des autres pays. Par exemple, nous n'avons pas la possibilité de fermer un site à l'étranger. Notre marge de manoeuvre est réduite. Nous n'avons pas les moyens d'empêcher la propagation d'images dès qu'elles sont lâchées sur le net. Pour les victimes, c'est difficile car l'abus reste ainsi présent et visible.
Les citoyens ont beaucoup d'attentes quant aux résultats des investigations et, parfois, certaines choses peuvent choquer, par exemple lorsqu'on relâche un auteur d'abus sexuels (en attente de jugement ou faute de preuves), ou le fait qu'un agresseur soit légèrement condamné par la justice »

« Que faire si l'on se trouve confronté involontairement à de tels contenus? »
- « Si quelqu'un est confronté à des images de pornographie enfantine sur internet, il faut le signaler sur le site www.cybercrime.ch (Office fédéral de la police). Cette démarche peut rester anonyme.

« Que répondre à des parents qui réalisent que leur fille ou leur garçon entretient des échanges douteux sur le net (facebook,..)? Quels moyens existent pour éviter des dérapages ou mettre un terme à ce type de contacts ou d'images? Un dépôt de plainte est-il possible? »
- « Si des parents pensent que des images ont été échangées et lâchées sur internet, si un rendez-vous a été fixé entre un mineurs et un inconnu susceptible de le séduite à des fins sexuelles, il faut prévenir la police qui évalue la situation. Dans les cas d'abus sexuels sur les mineurs, une enquête est ouverte d'office. Les parents peuvent également déposer plainte dans n'importe quel poste de police et ont ensuite accès au dossier pénal; ils vont donc suivre l'enquête.
Face à une situation inquiétante, il y a toujours possibilité de demander conseil anonymement auprès de la police, des instances de protection des mineurs ou autres associations professionnelles. Dans ce cas-là, il ne faut rien effacer (pseudo, adresses, profil,..) car ce sont les seuls moyens de remonter à l'auteur. Si la collaboration du mineur n'est pas garantie, il faut l'empêcher d'accéder à ces données et de les détruire.
Ces affaires sont compliquées, car les auteurs sont souvent domiciliés dans un autre canton ou pays que la victime. On est face à des procédures coûteuses en temps et la collaboration interpolices peut s'avérer difficile voire impossible avec certains pays...même facebook a de la peine à collaborer avec la police!


Pour résumer, en cas d'inquiétude: -discuter avec l'enfant, l'ado
-demander conseil à un professionnel

-les parents estiment s'il y a lieu de contacter la police
pour entamer une procédure.

Si le problème n'est qu'éducatif, nous n'intervenons pas car ce n'est pas de notre ressort.

« Pouvez-vous nous parler des auditions d'enfants ayant subi des violences? Que répondre aux parents qui suspectent quelque chose ou ont reçu des confidences afin de maintenir intacte la perception de l'enfant? »
- « En Suisse, un enfant victime de violences sexuelles sera en principe toujours entendu par un professionnel du même sexe que lui. L'audition est filmée mais accessible que par les parties du procès. Un-e psychologue assiste à l'audition. La victime peut être accompagnée d'une personne de confiance. L'audition d'un enfant en-dessous de 6 ans est difficile. Nous tentons d'être le plus précis possible tout en respectant l'enfant qui n'est entendu qu'à deux reprises au maximum.
Si un proche reçoit des confidences, il faut récolter le minimum d'informations permettant d'évaluer la situation et, en cas de soupçons suffisants, appeler le Service de protection de la Jeunesse ou la police. Limiter le questionnement afin de garder intact le discours spontané du mineur.
Selon les circonstances, il peut être utile de noter à chaud les déclarations de l'enfant. Par principe, la personne qui a recueilli les premières confidences est entendue à titre de témoin par la police.
Qu'on soit parent ou professionnel, il faut se garder de promettre au mineur de garder le secret. On se trouve propulsé dans un registre fortement émotionnel, avec le risque de dramatiser une situation qui ne l'est pas ou d'adopter des réactions non conventionnelles qui nous dépassent...

« Quelle est votre perception de professionnel sur l'évolution des problématiques que vous rencontrez? »
- « L'évolution d'internet est problématique. Le fait que les adultes soient plus vigilants et compétents permet d'espérer une canalisation des risques. J'encourage les parents à mettre en place une surveillance normale qui consiste à demander au jeune où il va, avec qui...bref à s'intéresser à ce qu'il vit
Contrairement à ce qui se passe dans la vie réelle, internet ne permet pas ce regard social et citoyen.

« Quels conseils donner aux personnes qui liront cette interview et souhaitent assumer au mieux leurs responsabilités de citoyen? »
- « Intéressez-vous à ce que fait votre enfant sur internet! Prendre le temps de discuter avec lui de ce qu'il fait, des amis qu'il a. La communication permet aux informations de circuler et constitue une excellente prévention. Il est important de se positionner en adulte et d'arriver à dire « stop » quand on pense que c'est nécessaire.
Aux jeunes, je conseille de ne pas accepter de rendez-vous physique avec une personne qu'ils ne connaissent pas préalablement et de rester prudents.
Nous, policiers, ne voyons que les dangers et ce qui est moche mais beaucoup de choses sont bonnes à prendre! Ce sera le mot de la fin.
- « Merci de cette rencontre, et bonne suite dans ce travail pas facile mais essentiel! »