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14.05.2012
"LES MEDIEVALES D'ANDILLY": 26-27-28 mai & 2-3 juin 2012...
Voyage dans le temps jusqu'au Moyen-Age...joutes, rapaces, contes, troubadours, fées, homm...
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interview du mois

28.03.2012
Visite dans un gîte équestre du Jura avec son responsable, M. Michel Beuret
-  "Bonjour, pouvez-vous nous présenter en quelques mots votre gîte et son concept?" - ...
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Marco Tuberoso; coordinateur à Mira

Marco Tuberoso; coordinateur à Mira

 

- Bonjour ! Je vous laisse vous présenter et nous dire ce qu’est Mira
 « Mon nom est Marco Tuberoso; psychologue et coordinateur romand de l’association Mira. Après plusieurs expériences professionnelles en psychologie scolaire, dans des Points Rencontre, en milieu institutionnel ainsi que dans le cadre de la Police (audition de victimes)…toutes des fonctions où l’on arrive « après », j’ai souhaité m’investir «  en amont » et l’objectif de prévention de Mira m’en donne la possibilité tout en me permettant de rester actif dans le domaine associatif comme je l’ai déjà été dans le cadre musical, sportif, organisation de camps,… »

 « Mira » dont le nom, tiré de l’espagnol, signifie « regarde » vise à prévenir les abus sexuels dans le domaine des loisirs, notamment en aidant les associations et milieux religieux à sensibiliser leurs intervenants à la question délicate des limites enfants-adultes, masculin-féminin. Il faut oser lever le tabou et regarder… »

-
Quelles prestations proposez-vous ?
 « Fondée il y a 10 ans en Suisse alémanique par des personnes qui ont constaté des abus dans leur domaine associatif, Mira existe depuis 3 ans en Romandie. Ses prestations sont d’une part la prévention, et d’autre part le conseil
Prévention :
le but est de protéger tant les jeunes que les adultes (moniteurs, responsables d’associations, entraîneurs sportifs,..) en promouvant un contact corporel sain. Mais pour parler de ce qui est sain, il faut aborder ce qui ne l’est pas! Nous nous adressons aux adultes afin de leur restituer leur responsabilité de protection, d’encadrement.  Nous avons mis en place un programme de sensibilisation qui traite de cette question aussi bien sous l’angle de la loi, des gestes, des limites et des procédures auxquelles se référer en cas de soupçon ou d’abus avéré. Nous nous appuyons pour cela sur une charte en 8 points simples et concrets présentés dans chacune de nos interventions et qui figure sur notre site.
Nous savons que, dans 80% des cas d’abus, la victime connaît son agresseur, que 2/3 des maltraitances sont intrafamiliales, mais le 1/3 restant représente une zone d’ombre…
Nous voulons éviter d’entrer dans la psychose en réduisant les contacts entre jeunes et adultes à quelque chose de « normé et standardisé », cela aussi serait dommageable car prendre un jeune par l’épaule ou dans ses bras peut être un signe d’encouragement positif dans le domaine sportif, par exemple.
Conseil : toute personne ( professionnel ou parent) peut prendre contact pour demander conseil en cas de doute. Nous répondons par téléphone ou par mail. Mira a répondu à 250 demandes de conseils ces dix dernières années en Suisse alémanique et à une dizaine de conseils en Romandie »


- Que dites-vous aux adultes qui s’inquiètent ?
 « 
Je leur demande d’abord s’ils savent si le sujet est abordé dans l’association de leur enfant, mais surtout s’ils connaissent les gestes spécifiques à la discipline en question (par exemple, poser la main sur le ventre en musique, et soutenir le bas du dos aux agrès ont tout leur sens  sans être abusifs !). Encourager la communication dans la sphère familiale constitue bien sûr aussi un acte de prévention.
L’abus sexuel se nourrit de l’ombre, du non-dit, du secret…or, notre rôle d’adultes est de « mettre des réverbères dans les ruelles sombres » en favorisant une conscience de soi et de ses émotions qui renforcent l’enfant dans la confiance qu’il peut faire à ce qu’il ressent et aux adultes qui l’entourent ».

- Et quels conseils donneriez-vous aux jeunes potentiellement exposés au risque d’abus?
 « Qu’ils connaissent eux aussi les gestes propres à l’activité qu’ils pratiquent ainsi que le/les adulte-s de confiance vers qui se tourner en cas de problème dans le cercle familial ou des loisirs. Il est important de leur rappeler qu’ils ne doivent pas avoir honte ou peur de parler s’ils vivent quelque chose de difficile car chacun peut avoir besoin à certains moments de sa vie d’une aide extérieure pour dénouer une situation problématique, dans laquelle on se sent parfois impuissant ou enfermé dans une relation d’emprise. Il importe que les jeunes sachent qu’ils peuvent avoir un rôle actif dans ce qui ce qu’ils vivent. En plus de préciser que certains comportements d’adultes sont proscrits par la loi, l’enfant doit savoir qu’il ne peut pas toujours compter sur l’adulte normalement responsable de lui si ce dernier disfonctionne et qu’il doit, à ce moment-là,  s’aider lui-même en se tournant vers une personne extérieure à la situation.
Il est important de rappeler que  la majorité des individus vont bien, il est néanmoins utile de parler de la marge dans laquelle il peut y avoir dérapage.
Il incombe à l’adulte de signaler toute situation de maltraitance impliquant un mineur. La situation était différente il y a 30 ans, mais les affaires Dutrou et le procès d’Outraux ont déclenché  une vaste  réflexion autour de ces actes et de la prévention ».

- Certaines situations sont-elles plus à risques que d’autres ?
 « Un abus peut être commis soit par un adulte qui dérape, parfois parce qu’il se trouve lui-même fragilisé, soit par des ados entre eux par des jeux sexuels avec contrainte.
 Les situations d’abus dans lesquelles les personnes se connaissent sont généralement compliquées en raison de leurs incidences relationnelles et affectives, d’où l’utilité de clarifier ce qui peut ou doit être fait dans ces situations.
Si l’article 187 du code pénal concernant la majorité sexuelle (et la différence d’âge de trois ans au-delà de laquelle une relation intime est punissable) est connu, il est souvent utile de rappeler l’article 188 qui interdit tout rapport sexuel entre quelqu’un  ayant une responsabilité thérapeutique ou éducative et toute autre personne qui lui est confiée. Concrètement, afin de se protéger, un jeune moniteur de 19 ans doit savoir que la loi ne lui donne pasle droit de s’engager dans une relation amoureuse avec une adolescente de 16 ans dont il s’occupe dans le cadre d’un camp…alors qu’il pourrait le faire s’il la rencontrait dans un contexte privé ! »

- Un petit mot pour la fin ?
 « Le but de Mira n’est pas de complexifier le fonctionnement des associations, mais d’être une ressource. Notre travail de sensibilisation auprès des structures qui s’adressent à nous propose des éléments concrets facilement transposables sur le terrain.
 Même si la problématique des abus est difficile à aborder, oser la regarder en face est le meilleur moyen de la prévenir! »

Pour toute information :
 Mira
Avenue de Rumine 2
1005 LAUSANNE
Tél : 079 229 36 20
www.mira.ch